Sur son bonnet est brodé le blason de l'Olympique de Marseille. Mais les élans de Mickaël sont sans exclusive. Aussi sûrement qu'il aime les pousse citrouilles phocéens, le jeune homme soutient les rouge et blanc de l'US Dax rugby. Gorge déployée et sautillant. Voyez-vous cette poignée de joyeux supporters qui secoue le pesage depuis le début de la saison ? Et bien ce sont eux : Mickaël, avec sa bande de copains. Ils forment le « Komando pirate ».
Ils sont apparus contre Toulouse en ouverture du championnat. Comme un cheveu sur la soupe, coup de clairon dans une cathédrale : « C'est vrai que notre façon de soutenir notre équipe est plus démonstrative que celle habituelle du public à Maurice-Boyau. »
« Jamais provoquant ». Le Komando aime le bouillonnement des tifos du foot, nous parlons ici de la grande majorité de ceux qui ne salissent pas leur sport. « En fait, on s'inspire du mouvement ultra dans la forme, mais à la sauce rugby pour les valeurs. » Résumé du concept : 80 minutes debout, 80 minutes à tue-tête, « mais jamais provocant ».
Mickaël et les « Pirates » ont la double culture, foot et rugby. Alors plutôt que de dire « pesages » ou encore plus désuet, « pelouses », ils se situent dans « le virage Nord » de Boyau. « On s'est mis là parce qu'il n'y avait pas grand monde jusqu'ici, pour ne pas déranger. Vu qu'on fait pas mal de bruit. On n'allait pas se mette en bas, devant la tribune d'honneur. »
« Le regard des autres ». Les corsaires imaginent que leurs moeurs bruyantes peuvent indisposer une frange des spectateurs de toujours, plus flegmatiques dans leur soutien à l'USD. « Pour nous il y a comme un paradoxe. Tout le monde s'attache ici à la culture feria, où tout le monde est pareil et se fond pendant six jours. On ne retrouve pas vraiment ça au stade. On pourrait assumer toute l'année ce côté latin, au stade. »
Mickaël convient que leur credo de supporters absolus (il faut les voir s'égosiller sans discontinuer) n'est pas des plus faciles à tenir : « Il y a le regard des autres. Je sens bien une certaine gêne chez ceux qui viennent avec nous pour la première fois. Ils regardent à droite, à gauche, pour voir si on les observe. » Qu'importe, leur conviction d'?uvrer pour les joueurs l'emporte au final.
Salut des joueurs. Mardi, le club a reçu une petite délégation de Pirates. Pour faire connaissance avec cette grosse dizaine de drilles infatigables. Pour leur glisser aussi le règlement de la Ligue nationale de rugby dans l'enceinte des stades. Quantité de contraintes frustrantes pour ultras dacquois. Pas de mégaphone par exemple. « Apparemment, les autorités ont peur que ça serve à des insultes ou des provocations. Mais il ne s'agit que de mener les chants. Enfin, on comprend et on respecte la règle. »
Cette rencontre avec le club ressemble pour le Komando à un début de reconnaissance. « Je pense qu'on est bien perçu par l'USD. Les dirigeants sont heureux de voir des initiatives. » Après les rencontres à domicile, les joueurs pensent en général à venir saluer l'escouade chahutante, pour la remercier de son énergie. Le Komando pirate en tire sa légitimité.
Notes du KP : Bien bien, ça avance ! Par contre Kommando prend deux "M" et ça aurait été bien d'insérer l'adresse du site web ...
Voilà, maintenant venez nous rejoindre, n'ayez pas peur, le pirate ne mange pas ! Les joueurs, le club, aiment l'ambiance !
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Alors comme beaucoup on met 30 ans pour se garer, on trouve une place à l'hopital. On marche, et déjà on peut tester le légendaire fairplay de l'esprit rugby (oui le super esprit, pas l'esprit violent du foot...) : on a droit à un "Dacquois enculé" très aimable, auquel on ne répond pas d'ailleur, histoire de ne pas commencer le match par une baston ! On entre ensuite dans le stade, les gens nous observent comme s'ils avaient vu en nous le remake de "rencontre du 3ème type" ! "Oh, regarde, des dacquois avec des drapeaux ! Oh regarde ils ont une caisse claire, des sweat rouge et ... des drapeaux pirates noirs !!!" Bref, on observe les virages et on se dit alors : ***** ! C'est quoi ce bordel ? Pourquoi ya des tribunes à 4 km du terrain ? Pourquoi ya un labyrinthe de barrières girondines ? On tente de se caller à un endroit déjà plein, pas la peine, trop loin du terrain ! On passe derrière la tribune de face, on rejoint l'autre virage ... que dalle, aucun intérêt de chanter à 1, voir 2 km du terrain, en plus on a pas le méga ! On refait alors tout le tour, on cherche un passage pour aller en "virage mais quand même proche du terrain". On trouve enfin notre "bonheur", devant la Penaqs qui elle est dans les tribunes en virage. On demande à une dame de l'amicale de Dax si on peut mettre notre voile rouge sur la barrière, elle acepte très gentiment. Le temps passe, on commence à chanter, des bayonnais commencent à nous chambrer, à se vanter de leur "Grand Public Le Plus Fort Du Monde" (les mêmes qui pendant tout le match n'ont pas chanté une seule fois, c'était pas la peine de faire les malins les gars). Vient alors le cris de guerre d'avant match (avec parole-karaoké sur l'écran géant), des bayonnais nous conseillent de nous taire et d'écouter ... effectivement superbe chant ... par contre les toulonnais vont demander des royalties pour cause de reprise du célèbre "pilou-pilou" ! Manque d'imagination quand tu nous tiens ! Après bhen on lache nos papelitos, on chante. Les bayonnais à côté de nous se foutent de notre gueule (original), veulent qu'on chante moins fort (tient étrange pour un public qui se vente d'être chaud), et ferment surtout leur gueule quand ils voyent qu'à 27-0 on chante encore avec la même ferveur ! Ils nous chambrent même plus à ce moment là, pourtant yavait de quoi ! Voilà bref, bon délire chez nous, moins sur le terrain, beaucoup déçu par ce public bayonnais, je m'attendais vraiment à mieux et plus spontané : les chants d'avant match sont lancés par la sono du stade, les drapeaux sont déjà installés sur les sièges, ça a l'air d'être la même chose à chaque match ... c'est honorable de la part de l'Aviron d'essayer d'animer le stade, mais cela ne vaut pas la prise d'initiative de groupes comme l'amicale, la Penaqs et bien sûr le Kommando Pirate, qui font plus dans l'artisanal (je me comprends). Voilà, rien à rajouter si ce n'est : VIVE MAURICE BOYAU !
Moins de monde que prévu dans nos rangs, mais bon, rien à faire, le noyau est chaud, le noyau chante, le noyau n'a plus de voix à l'heure qu'il est ! Le matos n'a pas servi à rien, déjà première satisfaction : se faire chier des jours entiers, à chercher de la tune, à courir de tous les côté pour trouver une caisse claire, une bache qui va nous casser les couilles toute l'année, des drapeaux, du tissu, un méga, des papelitos ... bref, on ne s'est pas bougé pour rien. Dans ce monde c'est criant comment en se bougeant un rien on attire les projecteurs : le KP07 interviewé par France 2 et Canal +, défendant cette ferveur populaire dont une bonne partie du stade s'en cague ... et balançant à la gueule de la Fédé un missile dont on ne sait pas si ces messieurs de la TV oseront passer les meilleurs extraits ... Bref, on chante, on craque un de pot de fumé rouge (Momo éternue encore ...), on agite les drapeaux, on représente l'Argentine à coup de papelitos, on cause la panique chez les stadiers, on fait intervenir je sais pas qui de l'USD qui se plaint, on lui dit que c'est comme ça, que chez le Kommando on ne souhaite pas faire dans le traditionnel. Et Ponteins vient en personne ME promettre un rendez-vous !!! (ça c'était même avant le match, mais j'ai oublié de le dire !). Deuxième mi-temps, et c'est encore plus le feu chez nous, on tient un chant italien plus de 20 minutes, pogos, tambour battant, sifflet samba, c'est le bordel chez nous, on s'amuse (quand d'autres ont l'air de se faire chier un truc de fou !!!), et puis vient l'essai dacquois (notre méga est déjà mort depuis un moment !!), histérie folle dans notre petit kop ... La sirène retentit, le match est fini, est le KP07 continue de chanter, comme si au fond on ne voulait retenir que la fête, et la combativité du l'USD, loin des ragots aigris d'un public qui pour certains voudraient nous voir mort (nous les Pirates). Des joueurs viennent nous saluer, première fois je crois que des joueurs se déplacent en pesage nord pour applaudir un public qui (quand même !!) a chanté 80 minutes (même plus !!) non-stop ! Un joueur nous a même remercié ! Ha ils aiment ça les joueurs, être poussé tout le match par des tarés qui ont mal aux abdos, qui ont la voix en vrac, les mains rouges, la tête étourdie, qui ont vidé leur porte-monaie déjà bien troué pour mettre le "bordel" !! Certains trouveront toujours le moyen de se foutre de notre gueule, de palabrer dans le genre "ha mais ils ne sont pas encore fatigués, ils chantent encore", sur un air ironique à en gerber ... Qu'on se le dise, on sera à Bayonne (peut-être que 7 trou du cul), on sera là contre Auch dans notre pesage nord pourri, à "salir" le ciment de papelitos qu'on s'est fait chier à découper (merci le 40, merci sud ouest ... pour une fois !) , et le Kommando Pirate continuera de chanter !!!!